Grand Chelem Marathon

Un défi unique pour une cause unique : Un marathon sur chaque continent au profit des enfants malades.

Le Marathon de Bois. Dans la jungle. Samedi 20 avril (2)

 Au milieu de la seconde boucle, en lisière de jungle, nous atteignons un premier tronçon à découvert. Sortis de la relative protection des arbres, la chaleur est encore plus terrible. Le rythme de course s’en ressent. C’est à petites foulées que nous franchissons ce passage avant de replonger dans la forêt. Le GPS nous indique 21 kilomètres parcourus et déjà plus de 4 heures de course …

 

Nous croisons à nouveau la famille Rimba, femmes et enfants, rencontrée un peu plus tôt dans la forêt. Ces familles sont en perpétuel mouvement. Nous allons les retrouver à chaque fois à des endroits différents sur le parcours. Dans leurs yeux, une interrogation : Pourquoi courir ainsi dans la jungle par une telle chaleur ? Echange de sourires, reconnaissance et petit geste de la main avant de poursuivre notre course.

  

La seconde moitié du marathon est de plus en plus difficile. Chaque portion pentue se gravit lentement. Les articulations souffrent, Frédérique a mal aux tendons d’un genou, impossible de le plier….Christine intervient deux fois pour la soulager et lui permettre de recourir, plutôt que de marcher. En baissant les boosters pour un massage express, nous constatons qu’il y a un avantage autre que la compression et la facilitation du retour veineux : les boosters sont un véritable rempart contre les sangsues ! Aucune n’est parvenue à s’accrocher aux mollets, ni à se glisser dans les chaussures durant cette partie de la course !

  

Les dix derniers kilomètres nous paraissent interminables…jamais nous n’avons couru aussi longtemps. Notre précédent record remonte au Jura il y a deux mois, nous avions alors couru en 7h30… Le mental, la volonté, ce pour quoi et pour qui - les enfants d’Everest - nous sommes venus courir ce marathon de la jungle, vont nous permettre cette fois encore d’aller jusqu’au bout.

  

A quatre kilomètres de l’arrivée, Betuah nous rejoint et nous le prenons par la main. Betuah a 9 ans, c’est un jeune rimba, et c’est notre « mascotte » depuis que nous sommes ici. Il veut courir avec nous et nous accompagner jusqu’à l’arrivée. Nous poursuivons donc la course à trois !

Mais alors qu’il ne reste plus que deux kilomètres, Christophe retrouve les sensations vécues lors de la traversée du désert de sel en Bolivie… vertiges, coup de chaleur… arrêt obligatoire ! Frédérique l’asperge d’eau et le ventile avec une casquette.  Besoin d’un endroit très ombragé et d’air « frais », le temps de retrouver ses esprits. Décidément, rien, n’est jamais gagné sur un marathon. Betuah attend à nos côtés tranquillement assis. Il se pose des questions…son regard va de l’un à l’autre…repartira, repartira pas ?

Après quinze minutes d’arrêt, nous reprenons le chemin qui va nous conduire jusqu’à la ligne d’arrivée. Deux kilomètres interminables… On a tellement envie d’en finir, cesser de compter chaque pas… enfin, la ligne d’arrivée est en vue. Tous les Rimbas de la « Marathon Supporting Team » sont là ! Redescendus des points ravitaillement de la forêt !  Nous franchissons la ligne d’arrivée à trois, Bertuah au milieu de nous !

 

Les Rimbas ont préparé des bassines d’eau fraiche et nous aspergent copieusement sur la ligne d’arrivée. Du pur bonheur ! Christine et Dominique sont aux images, après nous avoir encouragés et soutenus tout au long du parcours ! Et là, une seule envie nous submerge : remercier tout le monde et penser très fort aux enfants d’Everest, qui une fois encore nous auront permis de tenir jusqu’au bout du bout !

Merci à Dominique Clarisse, notre guide, cameraman et photographe et à Christine Janin, qui a cumulé les fonctions de coach, médecin, et marraine de cœur, pour l’association A Chacun Son Everest !

  

Spéciale dédicace au peuple de la forêt, qui nous a accueillis avec curiosité et bienveillance, en nous permettant de courir ce premier marathon de la jungle de Sumatra sur leur territoire, le parc national des douze collines.

  

Un immense merci à toute l’équipe de la Warsi, pour sa gentillesse, sa disponibilité, son enthousiasme, ses encouragements et ces sourires qui nous ont accompagnés toute la journée. Nous pensons ici à Rahmad Hidayat, le directeur de la Warsi, à Robert Aritonang, coordinateur du projet, à Jusia Hari Abdi, coordinateur de l’équipe, à Huzer Apriansyah et Karlina, tous deux facilitateurs et éducateurs et à toute la team des Orang Rimba : Monjalo, Temenggung Nggrip, Selam Bai, Betuduh, Tembuku, Sepintak, Bedingin, Bepok Nepi, Beteguh, Begendang, Mangku Boseman, Merrangai, Budi, Kemetan, Sedia, Betulus, Betuah, Nahan, Perbol et Bejujung !

Reconnaissance, parcours dégagé à la machette, balisage dans la forêt très dense, ravitaillement en eau potable, interprète auprès des chefs de village, abri de fortune dans la jungle, élimination des sangsues… sans eux, l’aventure aurait été bien différente !

 

Enfin, un spécial merci à Huzer pour l’organisation, le soutien et sa présence attentive tout au long du marathon. Huzer, nous ne sommes pas prêts d’oublier tes massages de mollet « à l’indonésienne », en pleine course, ces petits coups de poings sur les jambes qui auront contribué à la réussite de ce marathon dans la forêt équatoriale de Sumatra !

 

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