Grand Chelem Marathon

Un défi unique pour une cause unique : Un marathon sur chaque continent au profit des enfants malades.

Marathon de l’Eau. Jura. Dimanche 17 février (3)

Nous attaquons maintenant la cote qui doit nous conduire du « sapin président » jusqu’au sommet du massif. Il y a énormément de neige, jusqu’à 60 cm et chaque mètre va devoir se gagner. Nous nous enfonçons parfois jusqu’aux genoux. Le sentier disparait complètement. La pente est à nouveau très raide et les repères peu aisés. Le doute finit d’ailleurs par s’installer… sur cet embranchement, faut-il prendre à droite ou à gauche ?

 

Nous optons d’abord pour la droite. Mauvais choix. Ce « sentier » se termine dans la nature sauvage. Retour sur nos pas. Dur pour le moral de redescendre ce qu’on vient de monter avec une telle neige. Un de nos yaktraks disparait à ce moment dans la neige épaisse, il va faire cruellement défaut un peu plus tard sur un passage glacé…

     

Nouvel embranchement et nouveau doute un peu plus loin. Nous explorons la zone, mais rien n’y fait. Tout est blanc, un arbre enneigé ressemble comme deux gouttes d’eau (!) à un autre arbre enneigé !! Nous sortons la carte, vérifions le tracé, observons la position du soleil et la configuration du terrain, distinguons la vallée au loin. Tout redescendre pour tout remonter encore une fois ? Nous décidons de partir à travers bois, en ligne droite, guidés par le soleil, en espérant croiser un chemin ou retrouver des arbres balisés...nous faisons la trace, avec déjà plus de 3 heures dans les jambes… quand enfin  une clairière apparait !  Sur le bord du chemin, un petit abri…le salut ! L’abri est mentionné sur notre carte IGN, nous sommes bien dans la direction de Cornu, village situé sur le plateau, positionné à l’origine au km 18 du marathon…

S’ensuit la montée finale sur le plateau avant de rejoindre le village de Chaux de Crotenay, où nous avons prévu un ravitaillement et un change complet. Malgré notre équipement adapté Goretex et guêtres, nous sommes trempés de neige.

 

Les amis ont organisé le point ravitaillement à l’abri du vent. Une grange gracieusement mise à disposition par les habitants. La pause se conjugue entre change partiel, massage express par le kiné, ravitaillement en eau, boisson chaude et alimentation glucidique.

Nous repartons vent de face, cinglant et gelant jusqu’à Montliboz, avant de rejoindre le village des Planches en Montagne et les spectaculaires gorges de la Langouette. Une belle ascension sur la glace où le yaktrak perdu dans la précédente montée fait particulièrement défaut !  « Patiner » sur un pied n’est pas l’exercice le plus facile !

Nous empruntons ensuite le sentier dit de la « tramjurassienne », longue ornière gelée qui nous mène jusqu’au tunnel du Tacot. Un passage sous la montagne, où nous évoluons à la lumière des lampes frontales, sur un sol extrêmement glissant. Nous progressons avec la plus grande vigilance pour ne pas tomber. Le noir est total au milieu du tunnel. L’eau ruisselle sur les parois.

 

Les stalactites déjà formées continuent leur goutte à goutte … sensation étrange et inédite que de progresser au son de l’eau, sur un sol gelé et en pleine obscurité…tous les éléments du marathon de l’Eau se révèlent à cet instant : l’eau, l’hiver et le noir !

Après un kilomètre supplémentaire en direction de Foncine-le-Bas, nous rebroussons chemin (c’était prévu cette fois !) pour emprunter pour la seconde fois le tunnel du Tacot.

  

Nouveau passage périlleux sur la glace, avec une sortie spectaculaire entre les stalactites en forme d’arche glacée !

  

Le passage suivant est aérien. Nous empruntons le viaduc enneigé bordé par le gigantesque bief de la ruine !  Le chrono indique maintenant 5h de course et 28 kilomètres au compteur. Le km 28 synonyme d’un moment bien difficile pour Christophe lors du marathon dans le désert de sel d’Uyuni, il y a tout juste 3 mois. Mais cette fois, tout va bien. Nous avons particulièrement veillé à l’hydratation et à la qualité de l’alimentation de course pour passer le cap des 30 kms dans de bonnes conditions. Christine Janin, présente sur ce point ravito, veille au grain ! 

Crédits photos : © DARIUS JF. / LE BIENPUBLIC

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