Grand Chelem Marathon

Un défi unique pour une cause unique : Un marathon sur chaque continent au profit des enfants malades.

Marathon de métal. Désert d’Uyuni. Mardi 30 octobre. (1)

Nuit de pleine lune… le vent a soufflé longtemps et fortement, les chiens de Jirira ont aboyé presque sans discontinuer… quand le réveil sonne à 4h, nous sommes déjà éveillés. Impatients de nous mettre en route. Voilà des semaines que nous avons coché le 30 octobre dans le calendrier, synonyme de premier marathon de métal dans le désert d’Uyuni.

Il est très tôt et nous n’avons pas vraiment faim. Nous préparons malgré tout une collation légère, rations d’eau et boissons énergétiques, tout en passant une dernière fois en revue le contenu de nos sacs de course : gels, barres énergétiques, vêtements de rechange, casquette, bonnet, gants, crème protectrice, lunettes polarisantes, GPS, caméra, sifflet, trackeurs de géolocalisation …

Nous prenons la température extérieure pour ajuster notre équipement. Il fait encore nuit, le vent faiblit, la température est négative, de l’ordre de -5°C. C’est une bonne surprise car nous nous attendions à plus froid…

A 5h, Christine Janin nous rejoint pour boucler les sacs et veiller au réveil musculaire. Aux premières lueurs du jour, nous chargeons le 4x4, avant de quitter la maison de Dona Lupe qui nous a accueillis pour la nuit.

  

Coïncidence, clin d’œil, passage de témoin entre le marathon de feu et le marathon de métal ? C’est du pied d’un volcan et dans le rougeoiement du lever du jour que nous allons nous élancer pour la traversée du désert blanc.

 

 

Le temps de régler nos instruments de mesure (GPS, altimètre et trackeur) et de positionner la boussole sur le cap 190 et nous sommes prêts pour le départ. 

Le Salar, encore un peu gris, s’étend à perte de vue. L’horizon est dégagé et vierge de tout point de repère. Tout juste distinguons-nous l’ombre des montagnes qui bordent l’extrémité sud du désert.

  

A 6h pile, nous franchissons la ligne de départ, tendue entre le 4x4 et son chauffeur !

  

Nous sommes à 3700m d’altitude. Le souffle est un peu court. Nous avons décidé de partir à notre rythme, le temps de trouver la bonne cadence et d’harmoniser nos foulées.

  

Devant nous, du blanc, du blanc, du blanc…!  Au dessus de nos têtes, du blanc, encore. Celui des nuages. Derrière nous, le volcan Tunupa, majestueux et impressionnant avec ses 5432m.

 

Au sol, la croute de sel est dure, irrégulière. Poser le pied à plat sur cette infinité de boules de sel, pareilles à des balles de ping pong, est peu aisé. Les chevilles, les genoux et le dos sont mis à rude épreuve.

Comme lors de notre précédent marathon, nous sommes absolument seuls au milieu de cette immensité. Nous avions alors une plaine de cendres entièrement noire sous les yeux, cette fois, c’est le blanc intégral qui s’impose. Le blanc, couleur associée à l’élément métal ; nous foulons ce matin, à travers le désert, la plus grande réserve de lithium au monde.

  

A l’heure de course, nous prenons le temps de nous hydrater, tout en partageant une première barre énergétique. Nous avons prévu de renouveler ce type de pause toutes les 60 minutes.

  

La seconde heure voit la nature du sol légèrement évoluer. Nous évoluons maintenant dans une zone de larges galettes de sel à l’aspect crouteux, semblables à de grosses meringues. Les craquements sont sonores, doublés de l’étrange sensation de courir sur du carton. Le sol est soudain beaucoup plus friable et nous sommes particulièrement attentifs au déroulé de chaque foulée.

  

Au bout de 2 heures de course, nouvelle pause. Christine nous rejoint pour le ravitaillement en eau. Nous avons parcouru 16 kms. Le soleil commence à monter sur l’horizon. La chaleur reste supportable. Nous avons trouvé le bon rythme et calé notre souffle par rapport à l’altitude. A l’entame de la 3ème heure, tout va bien. Nous sommes dans notre…élément !

Le décor change à nouveau. Nous traversons maintenant une vaste zone formée de cercles concentriques. Vus du ciel, les motifs doivent être fabuleux. Vu de près, nous nous méfions de ces différences de niveaux qui favorisent la torsion des chevilles.

Soudain, une vigogne (famille des lamas) apparait dans notre champ de vision. Totalement immobile, elle nous regarde passer, comme statufiée. Ce sera notre seule rencontre sur le parcours.

Marathon de métal. Désert d’Uyuni. Mardi 30 octobre. (2) >