Grand Chelem Marathon

Un défi unique pour une cause unique : Un marathon sur chaque continent au profit des enfants malades.

Marathon de métal. Désert d’Uyuni. Mardi 30 octobre. (2)

A l’approche du 20ème kilomètre, il commence à faire vraiment chaud et les couches de vêtements deviennent superflues et encombrantes, sauf pour moi qui ai bizarrement encore un peu froid.

  

Les foulées nous portent dans une zone où se dessine sur le sol  « les yeux du Salar » : trous d’un vert sombre où l’eau remonte à la surface. La vigilance est de mise, sous peine de passer à travers la croûte de sel !

  

Nous arrivons à la moitié du marathon en 2h40. Les conditions sont bonnes, le rythme régulier. Nous distinguons au loin, ce qui nous parait être une immense plage de sable blanc, là où le soleil sorti des nuages éclaire à plein…mirage ou réalité, la vision est un peu floue…

  

Après le 3ème ravitaillement, le rythme baisse légèrement. Le GPS indique 23 kilomètres à l’entame de la 4ème heure de course. Nous nous réhydratons et renforçons notre protection (bras, jambes, nuque, tête…) avec de la crème indice 100 ( !). Nous décidons de boire toutes les 10 minutes pour pallier aux effets conjugués de la réverbération, de la chaleur et de l’effort continu.

  

Au milieu de ce désert immense, nous suivons nos ombres qui raccourcissent à vue d’œil…Frédérique va bien, mais pour moi, les difficultés commencent au 28ème km.

  

La tête tourne, la respiration est plus difficile, les premières crampes apparaissent, obligeant à marquer un arrêt. Le fait est que nous courons depuis près de 4 heures, désormais en pleine chaleur, que nous sommes toujours à près de 4000 m d’altitude, s’alimenter n’est pas si facile et la réverbération accroit sans doute la déshydratation…

Les risques évoqués sont multiples : œdème pulmonaire, œdème cérébral, crise cardiaque, mal aigu des montagnes...et nous nous sommes équipés en connaissance de cause d’une bouteille d’oxygène et d’un caisson hyperbare à titre préventif.

Christine Janin, en sa qualité de médecin, experte en courses d’altitude, me diagnostique finalement une hypoglycémie doublée d’une hypovolémie (déficit de la masse sanguine dans le système circulatoire) qui amène des vertiges, de la déshydratation et des difficultés respiratoires…conséquences de cet effort continu en altitude.

  

Le diagnostic posé et les soins de récupération prodigués par Christine, je repars pour la dernière partie du parcours, sur un rythme plus lent, pour me donner toutes les chances de tenir la distance.

De son côté, Frédérique poursuit sur son petit rythme régulier tout en adaptant sa foulée sous le soleil qui continue de nous cuire sur place ! Le blanc est aveuglant. Les lunettes polarisantes sont absolument indispensables. Nous nous imposons de boire absolument toutes les 10 mn jusqu’à la fin sans oublier de s’arroser la nuque très souvent.

 

Les 14 derniers kilomètres vont se gagner un a un. Nous distinguons maintenant les contours de l’ile d’Incahuasi qui symbolise notre ligne d’arrivée. Cette ile, couverte de cactus géants, est tout au bout de l’interminable ligne droite que nous suivons depuis des heures.

Nous nous motivons pour terminer ce marathon en pensant très fort à tous ceux qui nous accompagnent dans cette aventure. Les enfants de l’association A Chacun son Everest ! à qui nous dédions ce marathon du désert, eux qui font preuve chaque jour de courage, de volonté, d’envie et de détermination face à la maladie.

  

Frédérique a maintenant l’ile aux cactus en point de mire. Encore 2 kilomètres…Je suis à nouveau saisi par les crampes, mais je serre les dents car je tiens absolument à finir en courant.

  

Frédérique rejoint la ligne d’arrivée en 6h10, elle revient me chercher pour franchir finalement la ligne à deux, en 6h30. Christine Janin, est à l’arrivée, soutien indéfectible, elle nous aura encouragé jusqu’au bout…

Nous saluons aussi Monique qui a tenu la ligne d’arrivée, tous les amis, la famille et les partenaires qui nous soutiennent dans cette aventure autour du monde : 5 continents, 5 éléments, 5 marathons pour les enfants d’Everest !

  

Après le Feu des volcans du Vanuatu et le Métal du désert d’Uyuni, c’est désormais le marathon de l’Eau qui se profile à l’horizon. Rendez vous dans quelques semaines, sur le continent européen pour la troisième étape de ce Grand Chelem marathon.

Marathon de métal. Désert d’Uyuni. Mardi 30 octobre. (1)